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16ème Dimanche -TO- Année A

La parabole du bon grain et de l’ivraie
(P.Pierre Marmilloud)

« Semer la zizanie », cette expression du langage courant vient de cette parabole du bon grain et de l’ivraie= zizania, en langue grecque. L’évangile nous parle du Royaume de Dieu et de la zizanie, tout ce qui sème la mésentente, la division. Le bon grain et l’ivraie poussent ensemble, dans le même champ, dans la même famille, dans la même personne. Jésus est réaliste, il sait ce qu’il y a dans le cœur de l’homme, capable du meilleur et du pire. Il sait aussi nos tentations, comme imaginer que l’on peut faire disparaître le mal, qu’il y aurait les bons et les mauvais, une manière de se rassurer à bon compte : nous savons qui sont les mauvais, et nous sommes bien sûr, les bons.

Jésus a un autre point de vue : la semence du royaume, elle est petite, comme la graine de moutarde, comme un peu de levain. Il s’agit de quelque chose de presque inaperçu et, en même temps, avec une force de vie étonnante, qui peut tout transformer. Ainsi est l’amour qui change la vie. Ainsi la personne de Jésus en qui Dieu règne. Avec lui, Dieu prépare une moisson étonnante. Sans bruit, les fruits de la foi et de l’amour mûrissent. Ouvrons les yeux, tout près de nous, il y a de belles choses, de belles personnes, de beaux fruits riches d’entraide fraternelle. La parabole du bon grain et de l’ivraie nous invite à prendre du recul, à considérer la moisson qui se prépare. C’est un grand encouragement, viendra le jour de la vérité qui balaiera les apparences et les difficultés. C’est une parabole qui nous dit : ne vous laissez pas abuser !il y a bien une moisson qui se prépare, elle est dans de bonnes mains. N’est-ce pas le Créateur, le Père de tout Amour qui en est la source, l’artisan avec tous ceux qui lui donnent la main ? Que cette vision de la moisson vous aide à tenir bon car le mal, la zizanie en particulier, ne sont jamais loin, toujours prêts à surgir en vous mêmes.

St Paul le disait aux chrétiens de Rome à sa manière : «frères, l’ Esprit Saint vient au secours de notre faiblesse, car nous ne savons pas prier comme il faut ». Prier, c’est être bien relié, à qui ? d’abord à soi-même, en laissant le regard de Dieu nous rejoindre, nous envelopper de son amour, relié aux autres, regardés comme aimés de Dieu, relié enfin à celui qu’avec Jésus, nous osons appeler « Notre Père qui es aux cieux ». Cette relation profonde à nous-mêmes, aux autres et à Dieu, c’est bien le travail de l’Esprit Saint et de notre liberté, de nos choix. C’est aussi le règne de Dieu qui prend corps en nous, dans notre humanité et prépare une belle moisson.

A la lumière des paraboles du royaume de Dieu, que nous revient-il de faire ? Prier et agir ! Prier, c’est accueillir la semence, l’arroser, la cultiver ; c’est ouvrir et ouvrir de nouveau la porte à l’Esprit Saint, c’est laisser le règne de Dieu s’établir en nous chaque jour davantage. Agir, c’est faire tout ce que nous avons à faire en étant dans les mains du Seigneur, en cherchant en tout sa volonté, confiants dans la moisson qui se prépare, avec le bon grain et l’ivraie. Ils sont mélangés, comme nous sommes mélangés. Il n’y a pas à rêver d’un monde sans mélange. C’est dans ce monde que le Seigneur croit en nous et nous appelle à croire en la moisson qui se prépare. Osons l’espérance au quotidien.

Pierre Marmilloud