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2ème dimanche 2017 -TO-Année A

Accueillir le plus petit
(P.Pierre Marmilloud)


L’affiche et l’évangile

L’affiche de ce dimanche du réfugié et du migrant montre un enfant dressant un gilet de sauvetage face à la mer. C’est l’image de la détresse et de l’audace pleine d’espoir. « Quiconque accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille. Et celui qui m’accueille, ce n’est pas moi qu’il accueille, mais Celui qui m’a envoyé » C’est avec cette parole de Jésus que le pape François commence son message. Accueillir le plus petit, le plus vulnérable, et accueillir le Seigneur, être croyant, c’est inséparable. Il y a là, à la fois, une Bonne Nouvelle, Dieu lui-même est infiniment proche, je peux l’accueillir ! et aussi un risque, je peux ignorer le Seigneur, même le refuser. Voyons de plus près avec les textes que nous venons d’entendre.

Lumières et exigences

Le plus petit est précieux aux yeux du Seigneur, proclamait déjà le prophète Isaïe( 1ère lecture) Au fond, toute la Bible nous parle de la grandeur, aux yeux de Dieu, du plus petit. La fête de Noël vient de raviver notre mémoire. Dans l’Enfant de la crèche, avec tout enfant, en particulier l’enfant réfugié, rayonne la lumière de Dieu. Laissons cette lumière nous atteindre. Elle nous parle de Celui qui est la LUMIERE du monde. Les difficultés, les dangers, les défis, sur les chemins de la migration, ne manquent pas, et en tout premier lieu pour les mineurs « vulnérables et sans voix » écrit le pape François. C’est aussi là, et peut être surtout là, que brille l’Amour invincible du Seigneur.

Quel témoignage donne Jean Baptiste, en voyant Jésus ? « Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ». L’expression « agneau de Dieu » nous renvoie à l’histoire du peuple hébreu avec l’agneau sacrifié au cours de sa sortie de l’esclavage, Dieu est avec son peuple pour le libérer. Jésus, l’Agneau de Dieu, nous libère. Il nous libère du péché, c’est-à-dire du refus de l’Amour que Dieu nous porte. Avec Jésus, rempli de l’Esprit Saint, l’Amour divin déborde et plus rien ne peut nous séparer, ni la peur, ni les montagnes de préjugés, les mers d’indifférence, ni la mort elle-même. Cet enfant qui dresse son gilet de sauvetage, voilà un signe de la victoire de l’Agneau. Le péché du monde est bien connu : il enferme, il sépare, il divise, il profite des faibles, il sème l’indifférence et la mort. Dans sa mort sur la croix, par amour pour nous, sans oublier le plus petit d’entre nous, Jésus est vainqueur du péché. Cette victoire de l’amour fait son chemin aujourd’hui, en particulier avec et pour les réfugiés mineurs. Le pape François s’adresse ainsi à tous ceux qui cheminent avec eux : « Ne vous lassez pas de vivre avec courage le bon témoignage de l’Evangile, qui vous appelle à reconnaître et accueillir le Seigneur Jésus présent dans les plus petits et les plus vulnérables »

En chemin

L’enfant, l’enfant migrant, l’enfant réfugié n’est pas loin de nous, il est même tout proche ! Avec lui, nous avons un rendez-vous étonnant, rendez-vous avec nous-mêmes, avec notre humanité, aimée de Dieu, rendez-vous avec « notre Seigneur et notre Dieu ». Quel rendez-vous ! plein d’exigences et de défis, c’est vrai ! mais aussi et surtout plein de vraies richesses. Voyons comment nous pouvons nous encourager sur ce chemin dans nos familles, nos quartiers, à l’école, dans de nombreuses associations, dans la pastorale des migrants, les petites fraternités missionnaires. C’est un vrai rendez-vous débordant d’amour que le Seigneur nous donne : « Quiconque accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille. Et celui qui m’accueille, ce n’est pas moi qu’il accueille, mais Celui qui m’a envoyé »- Osons le rendez-vous !

P. Pierre Marmilloud