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6ème dimanche -TO- Année A

« Aimez vos ennemis…afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux » (P.Pierre MARMILLOUD)

Imaginez-vous Jésus à la Télé dire les paroles que nous venons d’entendre dans l’évangile, en particulier cette semaine avec les reportages sur les quartiers sensibles ? Personnellement, j’ai de la peine à le faire, par contre j’imagine très facilement les réponses que susciteraient ses propos, du genre : « c’est bien gentil mais pas réaliste du tout, il ne faut pas confondre bonté avec bêtise, naïveté, et puis, cette attitude « prier pour ceux qui nous persécutent », c’est tout simplement impossible.

Je veux reprendre ces réponses parce que non seulement Jésus a parlé ainsi, mais il a vécu ainsi ; et , à sa suite, les exemples de ceux qui l’ont pris au mot ne manquent pas, comme un Nelson Mendela. Par ailleurs, il ne s’agit pas d’un détail de notre foi, il s’agit d’aller au cœur.

Que répondre à ceux qui disent « ce n’est pas réaliste » ? Il n’y a rien de plus réaliste que de reconnaître l’autre pour lui-même. Les jeunes des quartiers sensibles ont de nombreux besoins, en premier celui d’être reconnus. Le cercle de la violence change quand il y a reconnaissance mutuelle. Inversement la violence grandit quand des personnes sont stigmatisées, d’une manière ou d’une autre niées. Qu’est-ce qui ouvre le chemin au vivre ensemble, à la solution des conflits ? c’est la reconnaissance de l’autre comme faisant partie de ma vie. C’est le plus vieux commandement de la sagesse humaine « tu aimeras ton prochain comme toi-même » que Jésus va vivre jusqu’au bout, sur la croix. Il ne confond pas, pour autant bonté avec bêtise. Quand un serviteur du grand prêtre le gifle, il ne tend pas l’autre joue, il le questionne : « Si j’ai mal parlé, montre-moi en quoi ; sinon, pourquoi me gifles-tu ? » C’est bien la force de l’amour qui répond à la violence avec clarté, c’est inviter l’autre à devenir responsable de ses actes, c’est beaucoup d’amour où il y a eu beaucoup de violence. Que répondre à ceux qui disent c’est beau, mais c’est au-delà de nos forces, c’est impossible ? Oui, c’est impossible avec nos forces humaines ; Jésus lui-même ne peut le faire qu’en étant fils du Père des cieux, en recevant la force d’en haut, la force de l’Esprit Saint. Ce n’est pas une histoire de superman, de héros, c’est une histoire de foi et d’amour. Jésus a ouvert ce chemin et il nous le confie à chacun, à toute son Eglise.

« Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux »

Voilà ce à quoi nous sommes appelés, être des fils et des filles de Dieu, des frères et des sœurs en Christ, voilà le témoignage dont le monde a grand besoin, voilà la mission qui nous est confiée en Eglise.

Avouons-le, ça ne se fait pas tout seul ! Cette vie nouvelle en Christ nous demande un travail, un apprentissage permanent. Le chemin vers Pâques que nous allons prendre très bientôt est là pour ça, pour alimenter cette vie nouvelle. Nous pouvons nous préparer à le prendre ensemble ce prochain 1er mars, mercredi des cendres.

P. Pierre Marmilloud