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21ème dimanche ordinaire– année C –

« Seigneur, n'y a t-il que peu de gens qui soient sauvés ? » Lc 13, 23. Cette question d'un anonyme, alors que Jésus faisait route vers Jérusalem, est une question que les disciples eux mêmes ont posé à Jésus.....
(Vincent Fontaine, Diacre permanent)

« Seigneur, n'y a t-il que peu de gens qui soient sauvés ? » Lc 13, 23. Cette question d'un anonyme, alors que Jésus faisait route vers Jérusalem, est une question que les disciples eux mêmes ont posé à Jésus. Les textes de cette semaine nous parlent beaucoup du royaume des cieux et de l'entrée dans ce royaume. Ainsi, les disciples posent à peu près la même question lorsque Jésus explique les difficultés d'entrer dans le royaume. Saint Matthieu parlent de disciples déconcertés et qui lui demandent : « Qui donc peut être sauvés ? » Mt 19, 25. En ce 21 ème dimanche ordinaire je vous propose de méditer sur ces questions peu ordinaires de nos jours en dehors de nos assemblées. Cette méditation effleure un mystère que nous n'aurons de cesse d'approcher et d'avoir la joie d'en parler entre nous, par exemple, lors de partages de la Parole de Dieu. Aujourd'hui, je vous invite à explorer, dans un premier temps, la question du Qui sera sauvé ? Dans un second temps, nous nous poserons une autre question; celle du Comment être sauvé ?

« Qui donc peut être sauvés ? ». Jésus est venu porter la bonne nouvelle du salut et nous croyons qu'il parle de la venue du règne de Dieu en sa personne. Rappelons-nous l'annonce de sa mission à la synagogue de Nazareth : « L'Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m'a consacré par l'onction. Il m'a envoyé porter la bonne nouvelle aux pauvres... », il termine en disant : « Aujourd'hui s'accomplit ce passage de l'Écriture que vous venez d'entendre ». Lc 4, 18 et suivants. Le peuple juif attend depuis longtemps le messie mais des croyants juifs ne le reconnaissent pas comme tel. De ce fait, au moment des rencontres avec Jésus il est légitime que les disciples ou la foule lui demandent des précisions sur le salut. C'est aussi tout à fait humain, si l'on nous promet quelque chose, que l'on souhaite savoir si nous sommes retenu ou non. Alors, Jésus ne dit pas que les choses sont faciles. Saint Luc nous dit : « Efforcez-vous d'entrer par la porte étroite, car, je vous le déclare, beaucoup chercheront à entrer et n'y parviendront pas » Lc 13, 24. L'évangile de Saint Matthieu que nous avons médité mardi nous dit dans une autre parabole : « Amen, je vous le dis : un riche entre difficilement dans le royaume des cieux. Je vous le répète : il est plus facile à un chameau de passer par un trou d'aiguille qu'à un riche d'entrer dans le royaume des cieux ». Mt 19, 23-24. Ne commettons pas l'erreur d'une lecture littérale stigmatisant quiconque. La question, notre question toute humaine devant l'annonce faite par Jésus est de poser la question Qui donc peut être sauvé ? C'est une manière de dire, et moi, où est ma place ? Jésus répond (rappelez-vous les textes que je viens de lire) qu'il ne s'agit pas d'une question de place dans le sens de classement, de rang, mais une question de déplacement, de conversion. Le salut du bon larron est lumineux pour nous. En effet, à coté de Jésus au calvaire le malfaiteur reconnaît le Christ sauveur. Jésus lui promet alors l'entrée dans le royaume. Qui aurait pu deviner cette parole de Jésus ? Chacun comprend peut être mieux maintenant la conclusion de l'Évangile de ce jour : « Oui, il y a des derniers qui seront premiers, et des premiers qui seront derniers ». Qui peut être sauvé ? C'est celui qui se convertit profondément. Lc 13,30 Oui, tout est possible pour Dieu. Avec le rappel du récit du bon larron, nous sommes naturellement conduits à la seconde question : comment être sauvé ?

Comment être sauvé ? Que faut-il faire pour être sauvé ? Nous avons vu que pour entrer dans le royaume de Dieu il faut se déplacer, se convertir. J'évoquerai brièvement trois éléments constitutifs de la conversion.
1er élément : il faut suivre sans condition le Christ. C'est ainsi que Jésus répond à Pierre dans l'évangile de Saint Matthieu : « Celui qui aura quitté, à cause de mon nom, des maisons, des frères, des sœurs, un père, une mère, des enfants, ou une terre, recevra le centuple, et il aura en héritage la vie éternelle ». Mt 19,29 Chacune et chacun est appelé(e) à suivre le Christ d'une manière particulière. Accueillons les appels du Christ par l'Esprit Saint.
2ème élément : Suivre Jésus dans une foi vivante, persévérante et communautaire. Nous entendons tout ces dimanches les lettres de Saint Paul aux premières communautés. Par ces lettres, il nous rassure et nous stimule. Il sait que la foi n'est pas toujours évidente alors il nous exhorte à être persévérant, endurant dans la foi. Aujourd'hui, il cite un extrait du livre des Proverbes. Je reprends la traduction œcuménique de la bible qui me parle davantage : « Ne rejette pas mon fils, l'éducation du Seigneur et ne te lasse pas de ses avis. Car le Seigneur réprimande celui qu'il aime tout comme un père le fils qu'il chérit ». Pr 3, 11-12
3ème élément : L'entrée dans le royaume de Dieu se vit dès aujourd'hui. Cet aujourd'hui de Dieu, du Christ et de l'Esprit Saint nous est donné. Cet aujourd'hui, c'est l'aujourd'hui de la fraternité à construire car le Christ (je reviens au récit de Jésus à la synagogue de Nazareth) « a été envoyé porter la bonne nouvelle aux pauvres, annoncer la délivrance aux prisonniers, la lumière aux aveugles, la liberté aux opprimés, publier une année de grâce de la part du Seigneur ». Lc 4,18-19
Demandons ardemment au Seigneur de nous mettre et de nous tenir sur le chemin du royaume.

Vincent Fontaine, Diacre permanent