Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Saint Benoît des nations - AnnemasseUne paroisse aux mille visages aux portes de GenèveParoisse Saint Benoît des nations - Annemasse
Menu

3ème dimanche de Carême -Année C

Des galiléens massacrés, 18 personnes tués dans la chute de la tour de Siloé, des attentats à Paris, de la violence quotidienne qui conduit à la mort, à Annemasse, à Marseille, dans les banlieues: que de souffrances !.........
(P.Vincent Grillet)

Des galiléens massacrés, 18 personnes tués dans la chute de la tour de Siloé, des attentats à Paris, de la violence quotidienne qui conduit à la mort, à Annemasse, à Marseille, dans les banlieues: que de souffrances ! Ces situations nous font criées à l’injustice. Les souffrances du peuple hébreu, esclave en Egypte, sont toujours d’actualité. Qui va bien pouvoir nous libérer ? Dieu ? et pourquoi puisque Jésus nous dit aujourd’hui, « si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de la même manière. »

Vraiment, il faut faire attention au contre sens parce que nous pouvons nous tromper sur notre condition humaine, sur la volonté de Dieu si nous interprétons mal cette sentence de Jésus. Il y aura toujours de la souffrance et c’est la question du sens qu’on lui donne qui distingue le croyant des autres. 

Nous sommes hier comme aujourd’hui, consternés devant des évènements qui font non-sens, qui ne s’expliquent pas. Pourquoi arrive-t-il des catastrophes ? La question « Qu’avons-nous fait pour mériter ça ? » est humaine, car nous cherchons à comprendre, comme s’il nous arrivait toujours ce que l’on méritait…

Donner du sens, c’est ce que nous faisons tout le temps. Je fais du sport parce que ça me fait du bien, je fais ma confirmation parce que j’ai envie de découvrir Dieu présent au moment de faire un choix de vie, je vais faire des courses parce que j’ai besoin de manger…. Avec le mal qui arrive, ce n’est pas pareil parce que nous accusons. Ma maison a été inondée parce que le maire n’aurait jamais dû délivrer un permis de construire que mon terrain. Un tel malade, mais vu son hygiène de vie, c’est normal ! 
Alors, comment faire avec le mal qui arrive ?

D’abord, Jésus nous le dit, il ne faut pas se sentir coupables. « Pensez-vous Que Ces Galiléens Étaient De Plus Grands Pécheurs Que Tous Les Autres Galiléens, pour Avoir Subi Un Tel sort ? Eh bien, je vous dis : pas du tout. C’est comme ça. Et ceci change notre regard sur les choses. Nous ne pouvons pas tout mettre sur le même plan de compréhension. Ne pas se sentir coupable, c’est rebondir, reprendre confiance en soi. Et Moïse en fait l’expérience face à la souffrance d’Israël.

Il garde ses chèvres parce qu’il a fui l’Egypte. Il a fui le lieu de l’injustice parce qu’il a eu peur, peur du non-sens. Nous sommes tous comme lui à cette époque, ce figuier qui a besoin d’un peu de temps encore pour porter du fruit. Mais le Seigneur le rejoint dans la montagne.

L’image parlante du changement de regard sur les choses pour Dieu, c’est le lieu de se présence face à Moïse : un buisson ardent. Et ce buisson ardent, avez-vous remarqué qu’il brûle mais qu’il ne se consume pas ? C’est-à-dire que Dieu est présent dans un élément très puissant, le feu, mais qui ne peut faire de mal à personne. La force du feu sans le non-sens de sa force destructrice, ça c’est Dieu. Et bien là, nous avons une clef de compréhension du mal qui arrive : nous n’y pouvons rien mais le Seigneur est cette présence qui réchauffe et apaise quand tout semble s’écrouler.

Il est fort comme le feu et doux comme la chaleur. La foi en nous peut déplacer des montagnes, mais pour cela, nous devons accepter Dieu, nous convertir pour l’accueillir comme celui qui nous sauve, sinon, nous périrons comme nos pères. C’est notre devoir de chrétien d’être témoin de l’espérance quand tout va mal. Soyons donc tous, là où nous sommes témoins de l’espérance, sans culpabiliser personne, et en ayant un regard bienveillant sur nos frères et nos sœurs qui se heurtent trop souvent à la question du non-sens. Notre trésor, c’est la foi et Dieu ne cesse de nous envoyer proclamer sa Bonne Nouvelle. Arrêtons de dire « qu’est-ce fait au bon Dieu pour mériter cela ? » cette question est stérile. Que nous puissions dire : « le Seigneur est bon avec moi, il m’a sauvé, et pourtant, je ne le mérite pas ». Sinon, nous périrons tous en accusant Dieu, en nous trompant sur sa volonté et en nous privant du salut qu’il nous offre par sa présence et celle de nos frères.

P.Vincent GRILLET