Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Saint Benoît des nations - AnnemasseUne paroisse aux mille visages aux portes de GenèveParoisse Saint Benoît des nations - Annemasse
Menu

28 janvier 2018

Etre attaché à Jésus
(Vincent Fontaine, Diacre permanent)

Comme chaque matin, en me rendant à mon travail, je passe devant un marchand de fleurs qui annonce le saint du jour que l'on fête. Mercredi 24 janvier il est rappelé que l'on fête Saint François de Sales, le saint patron de notre diocèse et le saint patron des journalistes. Jeudi 25 janvier, il est écrit sur le panonceau « convention de Saint Paul ». Je suis surpris et interrogatif, non j'ai bien lu, il est bien écrit « convention de Saint Paul » en caractères bien appliqués. Ce jeudi, on fêtait la conversion de Saint Paul suite à la manifestation d'une grande lumière sur le chemin de Damas. Les Actes des Apôtres relatent cette histoire en indiquant qu'une voix s'adressait à Paul en disant : « Saul, Saul pourquoi me persécuter ? Et moi je répondis : qui es-tu Seigneur ? Je suis Jésus le Nazaréen, celui que tu persécutes ». L'erreur d'écriture et d'information m'a laissé songeur et m'a amené à penser que la connaissance des Écritures était un grand chantier devant nous. J'en déduisais aussi qu'il nous fallait annoncer encore plus ardemment le Christ. Le renvoi à la conversion de Saint Paul pose justement la question de la place de Jésus dans nos vies. Mais qui es-tu Seigneur ? Cette question rejoint l'Évangile de ce 4ème dimanche ordinaire. Alors, je vous propose de poursuivre notre méditation autour de la personne de Jésus « le Verbe qui s'est fait chair ». Cette méditation s'organise autour de deux axes : reconnaître Jésus et être attaché à Jésus.

 

Reconnaître Jésus

L'Évangile de Saint Marc porte sans aucun doute sur la reconnaissance de Jésus. Nous sommes loin de la conversion de Saint Paul et malgré un autre contexte nous sommes dans les mêmes interrogations. Ici, Jésus enseigne dans la synagogue de Capharnaüm et un esprit impur se met à crier : « que nous veux-tu Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es : tu es la Saint de Dieu ». Cet esprit impur peut nous surprendre, quelle lucidité sur l'identité profonde de Jésus.  La proximité de Jésus ne supporte pas les ténèbres et l'ombre de la mort. Non Jésus « est la vraie lumière » comme nous le dit Saint Jean et nous retrouvons d'ailleurs la lumière du chemin de Damas. Après le baptême de Jésus tous les textes de ces premiers dimanches ordinaires nous ramènent à la même dynamique et au même appel. Nous sommes appelés à reconnaître Jésus. Nous ne sommes pas sur le chemin de Damas, nous ne sommes pas dans la synagogue de Capharnaüm mais nous sommes à Annemasse, dans le grand Genève. Alors, là où je suis, comment je reconnais Jésus et le rencontre. Au fond il y a trois endroits ou chemins où je peux reconnaître Jésus. Tout d'abord dans la Parole de Dieu. Quelle est belle et vivante cette Parole qui nous est proposée de lire, de relire, de méditer. Quelle richesse, quelle bonté et quelle beauté et quelle nourriture pour nos vies et nos âmes. Le Père évêque nous exhorte à lire et à partager l'Évangile selon Saint Jean. Des livrets vous ont été donnés. Alors n'hésitez pas à vous plonger dans l'Évangile vous ne serez pas déçus. Ensuite, nous pouvons reconnaître Jésus dans nos célébrations, dans cette eucharistie lourde parfois de nos quotidiens mais aussi pleine de vie où l'Esprit Saint agit, console, guérit ou vivifie. A la fraction du pain ils le reconnurent... Enfin, nous pouvons reconnaître Jésus dans nos frères. « Et le verbe s'est fait frère » se plaisait à dire Christian de Chergé le prieur des moines martyrs de Tibhirine. Oui, le Christ est aussi dans notre prochain, dans toutes les personnes que nous rencontrons et le visage du Christ c'est un peu vous, c'est nous. De la reconnaissance du Christ il nous faut passer à l'attachement au Christ.

 

Être attaché à Jésus

Saint Paul termine son exhortation aux Corinthiens en leur disant « vous, soyez attachés au Seigneur sans partage ». Bien entendu, il ne s'agit pas d'un attachement aliénant. Jésus nous rend libre mais justement il nous faut faire le choix de Jésus pour être encore plus libre. Attachement au Christ signifie croire profondément que Jésus est le chemin et la vie. Attachement au Christ signifie que nous sommes prêts à témoigner de sa présence aimante aux personnes de notre entourage lorsque le moment s'y prête. Mais, sommes-nous attachés au Christ ? N'avons-nous pas parfois des coups de fatigue dans notre foi ? Suivre Jésus n'est pas toujours facile et on peut parfois douter. De grands croyants ont traversé des périodes de vide ou de désert. Ce qui compte c'est être fidèle au Christ et c'est une autre dimension de l'attachement au Christ. La fidélité ce n'est pas vivre un zapping mais une persévérance dans la foi. Pour nous aider sur ce chemin, on peut s'appuyer sur les paroles du psalmiste qui nous conseille de ne pas fermer notre cœur et d'écouter la Parole de Dieu. On retrouve encore les bienfaits de la Parole de Dieu qui permet de nous ancrer dans une communion et dans une relation avec Dieu. Le partage avec nos frères et sœurs dans la foi se présente aussi comme un appui précieux dans cet attachement au Christ. Quelle force nous est donnée quand nous entendons telle au telle personne parler en vérité de sa foi en Jésus. Qu'il est beau d'entendre des témoignages de foi. La semaine de prière pour l'unité des chrétiens fut par exemple un temps fort durant lequel nous avons pu entendre des témoignages et nourrir notre attachement au Christ. Frères et sœurs que cette eucharistie nourrisse aussi notre attachement au Christ pour que nous soyons de joyeux disciples.

 

Vincent Fontaine

Diacre permanent

 

Dt 18, 15-20

Ps 94

1 Co 7, 32-35

Mc 1, 21-28