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5ème dimanche -TO- Année B

Le temps de vivre !
(P.Pierre Marmilloud)

La course après le temps, Job en parlait déjà : « mes jours sont plus rapides que la navette du tisserand, ma vie n’est qu’un souffle » Aujourd’hui, à l’heure de la vitesse, dans tous les domaines, à l’heure d’un clic, qu’allons nous dire ? la course après le temps, ce n’est pas une vie ! accumuler les activités, est-ce que cela nous fait davantage des vivants ? ce n’est pas évident du tout. Nous pouvons même faire l’expérience d’un vide : qu’est-ce qui reste de cette course après le temps ? Nous sentons l’exigence de prendre le temps de faire les choses, de nous donner du temps pour se parler, se rencontrer, prier, goûter la vie. Nous sentons qu’il y a un choix à faire entre vivre le temps présent  et courir après le temps. Notre mode de vie actuelle  ne facilite pas les choses. Quelle lumière nous offre le Christ ?

L’évangile de ce jour nous présente Jésus en mouvement : de la synagogue à la maison de Pierre, puis avec les malades de la ville ; à l’aube, il est dans un endroit désert, en prière. A ceux qui le cherchent, il a des paroles étonnantes : « Allons ailleurs, dans les villages voisins, afin que là aussi je proclame l’Evangile » A 1ère vue, Jésus, lui aussi ne tient pas en place, il se déplace et nous déplace en permanence. Qu’est-ce qui le fait courir vers les autres mais aussi s’arrêter dans la prière, au désert ? sa réponse : «  à eux aussi, je dois proclamer l’Evangile, c’est pour cela que je suis sorti, que je suis en chemin ». L’urgence de Jésus, c’est une Bonne Nouvelle à partager. Chez Simon Pierre, il a pris le temps de partager cette parole, cette présence aimante avec la famille, avec la belle-mère, avec les malades, puis avec Dieu son Père, dans la prière. Puis, il s’agit d’aller ailleurs partager cet unique Amour. Pour Jésus, le mouvement, l’urgence viennent de l’intérieur, d’un cœur brûlé par un amour, par une Bonne Nouvelle à partager. Avec lui, il s’agit de vivre l’Aujourd’hui de Dieu, l’Aujourd’hui de cet Amour qui nous rejoint, nous fait vivre à plein et nous entraîne de l’avant, un Amour qui donne du poids au présent.

Je pense à une veuve dont le mari était souvent pressé, de dire comme un cri venu du cœur : « ces 5 minutes qu’il ne m’a jamais données » Donner du temps, c’est donner de l’amour. Les couples, les parents, les amis, les paroissiens, le savent bien. Quel temps je donne à l’autre, à la famille, à la communauté, au Seigneur, à moi-même ? pour prendre ce temps et le donner, il faut faire des choix en permanence, renoncer à des sollicitations, des activités, donner du temps au temps. Pour faire ces choix, Jésus nous offre une boussole précieuse : le temps, chaque jour, chaque moment est d’abord un don à accueillir comme une marque d’amour et à vivre comme tel, un temps pour répondre à cet amour. La vie actuelle nous pousse à accumuler les choses et les activités. La foi au Christ nous encourage à intensifier nos relations avec nous-mêmes, les autres, le Tout Autre. Cette attitude se nourrit en particulier dans la prière, une certaine sobriété. Le temps de carême arrive, c’est un moment précieux pour se replacer sous le regard du Christ, avec lui accueillir le temps qui nous est donné et revisiter les choix que nous faisons. Comment allons-nous prendre le temps de la prière personnelle, avec d’autres, avec la communauté ? Osons vivre le temps comme un Don à accueillir et à partager !

                                            Pierre Marmilloud